Protection des Droits de l'Homme : Etat des droits de l’homme au Cameroun en 2017

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Situation des droits civils et politiques
La situation des droits civils et politiques en 2017 reste encore, comme souligné dans les années antérieures, fortement marquée par la récurrence des atteintes au droit à la sécurité des personnes et des biens, au droit à un procès équitable et aux libertés publiques, notamment dans les Régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Extrême-Nord.
 
Situation des droits économiques, sociaux et culturels
Le Cameroun a ratifié le Pacte international relatif aux Droits Economiques, Sociaux et Culturels (PIDESC) le 27 juin 1984. En affirmant dans le préambule de sa Constitution, son attachement aux droits de l’homme inscrits dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) et dans les instruments internationaux et régionaux y relatifs et dûment ratifiés, le Cameroun s’engage à consolider le bien être de la population par le respect desdits droits fondamentaux.
Ainsi, au plan national, cette meilleure prise en compte des droits économiques, sociaux et culturels s’est traduite par la publication en 2015 d’un nouveau profil de pauvreté ainsi que d’autres indicateurs de suivi des conditions de vie des populations issues de la 4è Enquête Camerounaise auprès des Ménages (ECAM4).
L’Etat a ainsi continué en 2017, à déployer des efforts pour faciliter la mise en œuvre des engagements dans le cadre du respect des droits économiques, sociaux et culturels. Toutefois, ces efforts, certes progressifs, se sont parfois avérés insuffisants, comparés aux besoins sans cesse grandissants des populations.
Aussi, l’année sous-revue a-t’ elle été marquée par la persistance des entraves à la jouissance des droits économiques, sociaux et culturels des populations dans le cadre de la réalisation du droit à l’éducation, du droit au travail et des droits fondamentaux des travailleurs, du droit à la santé, du droit à un niveau de vie suffisant et du droit à la culture.
 
Situation des droits des catégories spécifiques
L’expression « catégories spécifiques » renvoie aux personnes en situation de vulnérabilité qui nécessitent une protection particulière. Cette vulnérabilité est liée à une combinaison des facteurs à la fois systémiques et conjoncturels, qui ne permettent pas à ces personnes de jouir, dans les conditions d’égalité avec les autres, des droits et prérogatives reconnus à chaque individu en tant qu’êtres humains. Ces groupes vulnérables se caractérisent par un accès limité à un système efficace de protection juridique et par un faible niveau de revendication de leurs droits.
La situation des droits des catégories spécifiques au cours de l’année de référence sera examinée à l’aune,  respectivement des conditions de détention, des droits des enfants et des femmes, des droits des personnes vivant avec un handicap, des droits des réfugiés, des personnes déplacées ainsi que des droits des demandeurs d’asile.
 
Les questions spéciales
Au cours de l’année 2017, la CNDHL a reçu de nombreuses requêtes alléguant la violation des droits classés dans la catégorie des questions dites spéciales. A ce titre, il y a lieu de relever qu’alors que, en 2017, les exactions de la secte terroriste Boko Haram ont semblé avoir baissé d’intensité, la crise dite anglophone dans les Régions du Nord-ouest et du Sud-ouest s’est plutôt aggravée. Elle a ainsi donné lieu à de nombreuses pertes en vies humaines, des atteintes à l’intégrité physique ainsi qu’à la destruction des biens publics et privés. Cependant, quelques autres situations particulières méritent d’être évoquées. Ces situations ont respectivement trait à la lutte contre la corruption, au droit à un environnement sain, aux droits de l’homme dans les grands projets structurants.