D'après les données récentes de la représentation régionale de l'Association de développement social et culturel des Mbororos (MBOSCUOA) dans la Région de l'Est, entre 2014 et 2020, 2 437 Mbororos ont été pris en otages. 69 ont été tues par leurs ravisseurs tandis que 288 ont été libérés contre le paiement de 267 300 000 francs CFA de rançon. 

La Commission est  préoccupée  par  la  résurgence  des  exactions  contre  les  Mbororos, notamment au regard des traitements cruels, inhumains et dégradants infligés à certains membres de la Communauté Mbororos du Nord-Ouest au cours du mois d'octobre 2020. II s'agit notamment du cas de Mme HASISA HAMMADOU, âgée de 34 ans et ses deux enfants, UMARU HAMMADU, de sexe masculin, âgé de cinq ans et Nafisah Hammadu, de sexe féminin, âgée de trois mois, qui ont été brules vifs par des terroristes sécessionnistes dans leur domicile à Ntamru, dans le Département de Donga Mantung, dans la nuit du 23 octobre 2020. 
La veille, Fadimatu Ahmeh, âgée de 42 ans, a été assassinée par des terroristes Ie 22 octobre 2020, lors de  l’attaque d'un  véhicule de transport entre les villages  Karatu-Ntumbaw,  pendant son voyage de Ndop à Ndu, dans le Département de Ngohketunjia, Région du Nord-Ouest. 

La Commission condamne fermement les atrocités, les exactions et toutes les autres formes d'attaques physiques, verbales ou écrites contre les Mbororos du Cameroun.
 
La Commission rejette l’argumentation des sécessionnistes  et des groupes extrémistes qui reprochent aux Mbororos de ne pas soutenir leur lutte pour l'indépendance.
 
La Commission considère que le sécessionniste violent le préambule de la Constitution ainsi que l’article 2 de la Charte africaine des Droits de l’homme et des peuples et les articles 19 du Pacte international relatif aux Droits civils et politiques et de la Déclaration universelle des Droits de l’homme qui protègent la liberté d'opinion, ainsi que les dispositions pertinentes des instruments régionaux et universels des Droits de l’homme qui protègent le Droit à la vie,  le Droit  à l’intégrité physique, le Droit de propriété ainsi que le Droit de s'établir dans le lieu de son choix, conformément aux lois et règlements en vigueur. 

La Commission  exprime sa compassion émue à l’égard des malheureuses victimes de ces exactions, ainsi qu'à leurs familles respectives. 

La Commission   réitère son appel envers les sécessionnistes pour qu'ils déposent les armes et rejoignent  les centres  de  réinsertion  mis en place  par l'Etat  afin qu'un  climat de  paix, vecteur de développement, puisse prospérer dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. 

La Commission invite les autorités à poursuivre les enquêtes,  afin que les suspects de ces atrocités contre les Mbororos soient interpellés et traduits devant les juridictions compétentes. 
La Commission   rappelle en conséquence qu’il demeure constant que, depuis sa résolution 1566 (2004) du 8 octobre 2004, le Conseil  de sécurité  de l'Organisation   des Nations  Unies (ONU) « [c]ondamne avec la plus grande énergie tous les actes de terrorisme  [...] quels qu'en soient les motifs, ou qu'i1s soient commis et quels qu'en soient les auteurs »,