« Les Droits de l’homme pour tous et par tous », tel était le slogan de la vingt-huitième Session ordinaire de la Commission nationale des Droits de l’homme et des libertés (CNDHL) qui s’est tenue le 22 décembre 2020, à l’Hôtel Jouvence International de Yaoundé, sous la présidence effective du Pr James MOUANGUE KOBILA, Président par intérim de l’Institution.

L’année 2020 a été une année difficile pour les Droits de l’homme au Cameroun, en raison des problèmes sécuritaires, des catastrophes naturelles et de la pandémie du nouveau Coronavirus. Sur le plan sécuritaire, les tristes évènements de Ngarbuh, survenus dans la nuit du 13 au 14 février 2020, la mort en détention de Samuel Wazizi, suspecté de terrorisme, les atrocités commises par les groupes armés indépendantistes contre des civils, y compris l’assassinat ignoble de 7 élèves à Kumba, le 24 octobre 2020, les attaques contre des Boboros dans la Région de l’Adamaoua et la recrudescence des attaques de Boko-Haram dans l’Extrême-Nord, qui ont culminé, le 2 août 2020, avec l’explosion d’une bombe artisanale dans le village Ngwetchewe dans le Département du Mayo Tsanaga, tuant 18 civils et blessant 15 autres, et, le 1er septembre 2020 à Kouyapé dans l’arrondissement de Kolofata, où un attentat kamikaze a coûté la vie à 8 civils et en a blessé 14 autres, sont quelques faits majeurs ayant marqué les Droits de l’homme au Cameroun au courant de cette année. Pour ce qui est des catastrophes naturelles, les glissements de terrains tels que celui de Gouache à l’Ouest, ainsi que des inondations dans plusieurs parties des Régions du Nord, du Littoral, de l’Ouest, de l’Extrême Nord et du Sud-Ouest ont fait des milliers de victimes civiles et affecté plusieurs droits humains, notamment le droit à la vie, le droit au logement, le droit à l’alimentation, le droit à l’éducation, etc. De même, la pandémie de la Covid-19 qui s’est introduite au Cameroun en mars 2020 a aggravé la situation des Droits de l’homme, notamment avec un surcroit des atteintes à la vie, au droit à la protection de la santé, au droit à l’éducation et au bien-être des populations.

Malgré la pandémie de la Covid-19, la CNDHL a réalisé un certain nombre d’activités de promotion, de protection et de coopération en matière de Droits de l’homme. Le Pr James MOUANGUE KOBILA n’a pas manqué d’en citer quelques-unes en guise d’exemple dans son discours. En effet, 6 déclarations et 8 communiqués à l’issue des réunions de coordination mensuelle ont été publiés, sur les 927 requêtes enregistrées en 2020, 566 ont déjà été traitées et 363 correspondances y relatives ont été adressées aux autorités administratives, 344 aux particuliers, 263 aux Organisations de la société civile (Osc) et 40 aux entreprises. Dans un futur proche, la CNDHL envisage mettre en place une ligne verte pour accueillir et traiter les dénonciations des violations des Droits de l’homme afin de remédier à la baisse du nombre de requêtes enregistrées en 2020. S’agissant des relations avec la société civile, 62 nouvelles Osc ont été affiliées à la CNDHL faisant ainsi passer le fichier des Osc affiliées à 448. Il a terminé son propos en soulignant que les Droits de l’homme ne sont pas des dogmes absolus car « là où il y a un droit, il y a aussi une obligation » conformément à la lettre et à l’esprit du Préambule de la Constitution du 18 janvier 1996 et des articles 27 à 29 de la Charte africaine des Droits de l’homme et des peuples.

Plusieurs documents ont été examinés, amendés et adoptés par les Membres au cours de cette Session, notamment le Rapport de la 27e Session ordinaire de la CNDHL, le document de suivi de la mise en œuvre des résolutions et recommandations de la 27e session ordinaire, le plan du Rapport annuel 2020, la proposition d’octroi des primes de fin de mandat aux Membres de la CNDHL, le projet d’amendement du Règlement intérieur de la CNDHL, le budget de l’Exercice 2021 dont le montant global s’élève à 1.363.401.000 (un milliard trois cent soixante-trois millions quatre cent un mille) FCFA, dont 250.000.000 (deux cent cinquante millions) FCFA pour l’investissement, 996.001.000 (neuf cent quatre-vingt-seize millions mille) FCFA pour le fonctionnement et 117.399.570 (cent dix-sept millions trois cent quatre-vingt-dix-neuf mille cinq cent soixante-dix) FCFA de fonds de contrepartie à rechercher. Au regard des difficultés rencontrées au courant de l’année 2020, la publication du Rapport annuel 2019 sera couplée à celle du Rapport annuel 2020. 

A l’initiative du Président par intérim, les Membres de la CNDHL se sont ensuite rendus sur le site de construction de l’immeuble-siège de la Commission, suite à la résiliation du marché de construction dudit immeuble, initialement attribué au groupement GRACE MADI / TIEC CAM. Ladite visite a permis aux Membres de constater que l’entreprise chinoise, partenaire de l’entreprise GRACE MADI, poursuivait les travaux suivant le cahier de charge initial et se proposait de réaliser le marché tout seul, à un rythme soutenu, si la résiliation est annulée. Il a été convenu qu’une séance de travail approfondie sera organisée avec toutes les parties prenantes, en vue d’évaluer cette proposition.

À l’issue des travaux, les mandats des Présidents et Rapporteurs des quatre Sous-commissions de la CNDHL ont été renouvelés, des résolutions et recommandations adoptées par les Membres et le Communiqué final élaboré.